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Démarche réseau, networking, de quoi parle-t-on ?

« L’art du networking : une palette de méthodes » par Sébastien Bourguignon

Par Sébastien Bourguignon Principal & Lead Digital Influencer @sebbourguignon

Qui n’a jamais entendu parler de networking ou de démarche réseau ? Ce mot est dans la bouche de tous les professionnels qui le mettent en oeuvre avec plus ou moins de bonnes pratiques. Qu’il s’agisse de changer de job ou faire du business, la démarche réseau est essentielle dans une carrière professionnelle. Mais pour que cela soit réussi, le networking doit passer par un état d’esprit collaboratif, on donne avant de recevoir. Chercher à aider son interlocuteur est le meilleur moyen de développer son réseau efficacement et de créer des liens forts et durables avec des contacts. C’est sur ce thème que Margo a organisé une table ronde le 14 mai dernier avec les interventions des experts en networking : Isabelle Sthémer, Maxime Maeght et Sébastien Bourguignon.

Sébastien Bourguignon, Principal & Lead Digital Influenceur Margo, revient pour nous sur les grandes thématiques abordées lors de cette table ronde.

Pourquoi se lancer et comment initier une démarche de networking ?

« Le réseau c’est important à n’importe quelle période d’une vie d’adulte. Que cela soit pour trouver un job, en changer, faire du business ou tout simplement s’ouvrir au monde, le réseau est une source inépuisable d’opportunités. J’ai souvent entendu dire « je ne connais personne », « le réseau je m’en occuperai quand j’en aurais besoin » ou encore « je suis trop jeune pour créer mon réseau » autant de mauvaises excuses qui ne peuvent justifier le fait de ne pas essayer de se lancer et réussir. Quel que soit l’âge, le sexe, la position sociale, le diplôme… tout le monde peut développer son réseau, d’ailleurs beaucoup le font mais ne s’en rendent pas compte.

Personnellement, je l’ai fait pendant des années sans savoir que cela s’appelait comme cela ! J’ai toujours eu le réflexe de connecter les gens les uns aux autres, de rencontrer régulièrement des personnes que je ne connaissais pas, de faire partie de nombreuses associations ou business clubs, avec une première ambition personnelle consistant à mettre à disposition mes connaissances, mon expertise et mes compétences aux personnes ou groupes auxquels j’étais connecté. Cela a commencé dès l’école, et se poursuit encore aujourd’hui.

Le réseau est pour moi, avant tout, un moyen de rencontrer des personnes d’horizons différents, de m’ouvrir au monde et de découvrir d’autres points de vue, d’autres approches des choses, d’autres manières de faire. Et puis, de fil en aiguille, c’est aussi devenu un élément important de mon quotidien professionnel. Le réseau m’a permis à de nombreuses reprises de bénéficier de très bonnes opportunités professionnelles en interne comme en externe, et aujourd’hui c’est un réel outil de développement commercial sur lequel je capitalise avec toujours la même idée d’apporter de la valeur à ceux que je rencontre.

Pour initier une telle démarche, je pense qu’il faut rester humble et utiliser une stratégie des petits pas. Mon conseil pour commencer : reprenez contact avec d’anciens camarades d’école, vos anciens collègues, proposez assez naturellement de les revoir. Vous pouvez aussi vous investir dans une association, professionnelle ou non, les associations de quartier ou de parents d’élèves sont par exemple de bons points de démarrage. »

Quels moyens utilises-tu dans le cadre de tes démarches de networking ?

« Il y en a plusieurs, chacun pouvant trouver chaussure à son pied. Pour ma part, je combine plusieurs démarches au travers des réseaux sociaux (Twitter, LinkedIn et Facebook), les associations comme Dauphine Alumni, dont je suis membre et président du Club Système d’Information, ou encore les événements auxquels je participe tout au long de l’année. Mon approche est simple, pour initier un premier contact je propose tout simplement un déjeuner, ce n’est pas intrusif, c’est pour tout le monde un moment de détente et l’occasion de rencontrer les gens dans un contexte informel. Ainsi, je fais entre 2 et 4 déjeuners par semaine le plus souvent avec des personnes que je rencontre pour la première fois.

Ensuite dans une démarche réseau, il y a un fondamental à respecter, une question que vous devez vous poser systématiquement « comment puis-je aider la personne que je rencontre ? » Dans mon cas, mon réflexe assez naturel est d’identifier dans mon réseau les personnes avec lesquelles il y aurait du sens à ce que je crée une connexion, et de faciliter une rencontre qui sera bénéfique pour l’un ou l’autre, le mieux étant lorsque cette rencontre est bénéfique pour les deux personnes. Cela ne vous coûte pas grand-chose mais cela vous permet de créer un lien particulier avec la personne que vous rencontrez et le reste de votre réseau à qui vous apportez aussi de la valeur.« 

Quelles vont être les différences entre une approche orientée business ou au contraire orientée recherche d’un emploi ?

« Concernant l’approche orientée recherche d’emploi, il y a une démarche qui est utilisée par de nombreux professionnels que j’ai rencontrés ces dernières années mais qui n’est pas vraiment connue du grand public. Tout d’abord, il est important de bien structurer son projet professionnel, définir le type de poste que vous recherchez, les entreprises idéales que vous ciblez pour votre recherche. Ensuite, vous allez vous adresser à votre réseau de premier niveau, les personnes que vous connaissez bien, pour leur demander leur avis sur votre projet, vous ne leur demandez pas un job, vous les sollicitez pour leur demander de l’aide. Cela doit se faire en face à face autour d’un café, d’un déjeuner ou lors d’un échange plus formel mais l’idée est bien d’obtenir du feedback sur votre projet.

À partir de là, la mécanique est simple, lors de vos rendez-vous réseau, comme vous demandez de l’aide, que vous êtes clair sur votre repositionnement et que vous exposez votre projet sans demander un job, plusieurs choses peuvent se passer :

  1. Votre interlocuteur connaît quelqu’un dans une des sociétés ciblées et peut vous connecter à elle pour que vous fassiez la même chose, obtenir du feedback sur votre projet professionnel.
  2. Votre interlocuteur sait que dans son entreprise des postes correspondant à votre projet sont ouverts et il peut tout simplement vous mettre en relation avec la personne qui recrute.
  3. Votre interlocuteur n’a aucun de ces deux réflexes, vous pouvez tout simplement lui demander s’il ne connaîtrait pas quelqu’un d’autre à qui ce serait pertinent que vous présentiez votre projet professionnel.

Il s’agit ici d’une démarche qui prend du temps, au sens du temps passé à rencontrer des personnes de votre réseau, mais aussi au sens du délai que prend ce type de démarche qui est souvent de quelques mois. L’avantage de cette démarche comparativement à l’envoi de réponses à annonces ou de candidatures spontanées, c’est que vous vous donnez les meilleures chances pour trouver le job de vos rêves. »

Comment suivre et optimiser un ROI dans ce type de démarches ?

« Que votre approche soit liée à du développement business ou une recherche d’emploi, il est important de réaliser un suivi précis des actions liées à vos rendez-vous. Si vous vous êtes engagés à apporter une aide, quelle qu’elle soit, lors de vos échanges, vous devez le faire et suivre si l’aide apportée a porté ses fruits. Par exemple, si vous avez réalisé une mise en relation, vous serez intéressé de savoir ce que cette connexion a donné par la suite. Le plus simple reste encore de faire cela au travers d’un simple fichier Excel ou d’une solution de CRM le tout adossé à une TODO list pour ne rien oublier.

En ce qui me concerne, je pêche beaucoup sur le suivi au-delà de l’aide apportée, il s’agit d’un de mes axes d’amélioration. »

Selon toi, y a-t-il des prérequis pour faire du networking ? comment faire par exemple si on est un grand timide ?

« Je ne pense qu’il y ait de prérequis particuliers pour faire du networking. Le plus dur est sûrement de se lancer, en particulier pour les timides, mais maintenant les réseaux sociaux permettent de faire beaucoup de choses que l’on n’oserait pas faire dans la vraie vie tout en restant derrière son écran. Par défaut, dites-vous que les personnes que vous allez approcher sont le plus souvent habituées au networking, même si elles ne le nomment pas comme cela. Les gens sont plutôt bienveillants et même si vous les dérangez et qu’ils n’ont pas de temps à vous consacrer, au mieux ils vous le diront simplement, au pire ils ne vous répondront pas. Dans les deux cas, pas la peine de se formaliser, c’est la vie !« 


Par Sébastien Bourguignon Principal & Lead Digital Influencer @sebbourguignon
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